Qu’est-ce qu’un SIQO ?
SIQO est l’acronyme de Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine. Ce terme désigne l’ensemble des labels officiels reconnus par l’État français et l’Union européenne pour distinguer les produits agricoles et alimentaires répondant à des critères spécifiques de qualité, d’origine ou de tradition.
L’article L.640-2 du Code rural et de la pêche maritime définit trois modes de valorisation des produits agricoles, forestiers ou alimentaires, dont les SIQO constituent le pilier central.
Les cinq SIQO
Le cadre français reconnaît cinq signes officiels :
1. L’AOP (Appellation d’Origine Protégée)
L’AOP désigne un produit dont toutes les étapes de production sont réalisées dans une aire géographique délimitée, selon un savoir-faire reconnu. C’est le signe le plus exigeant en matière de lien au terroir. La France compte plus de 450 AOP enregistrées.
2. L’IGP (Indication Géographique Protégée)
L’IGP identifie un produit dont au moins une étape de production a lieu dans une zone géographique définie. Plus souple que l’AOP, elle reconnaît des réalités de filières où le lien au territoire passe par une étape spécifique (transformation, affinage, fumage).
3. Le Label Rouge
Le Label Rouge est le seul signe national (non européen) de la liste. Il atteste une qualité gustative supérieure, prouvée par des tests comparatifs avec le produit courant. Il ne repose pas sur un lien géographique mais sur l’exigence de qualité.
4. La STG (Spécialité Traditionnelle Garantie)
La STG protège un mode de production ou une recette traditionnelle, indépendamment de l’origine géographique du produit. C’est le signe le moins répandu en France, avec seulement deux produits reconnus (Moules de Bouchot et Berthoud).
5. L’agriculture biologique
Le logo AB (ou le logo européen « Eurofeuille ») certifie le respect d’un mode de production excluant les pesticides de synthèse, les OGM et la plupart des intrants chimiques. C’est le seul SIQO qui ne nécessite pas d’ODG au sens du Code rural.
Le cadre juridique
Les SIQO sont encadrés par un double niveau de réglementation :
- Au niveau européen : le règlement (UE) n°2024/1143 pour les AOP, IGP et STG ; le règlement (UE) n°2018/848 pour l’agriculture biologique
- Au niveau national : le Livre VI du Code rural et de la pêche maritime, qui définit les procédures de reconnaissance, les obligations des opérateurs et le rôle de l’INAO
L’architecture du système
Le fonctionnement des SIQO repose sur trois piliers :
- L’ODG : rédige le cahier des charges, gère les opérateurs, défend la dénomination
- L’INAO : reconnaît les ODG, approuve les cahiers des charges, supervise les contrôles
- L’OC : vérifie le respect du cahier des charges, habilite les opérateurs, sanctionne les non-conformités
Cette architecture triangulaire garantit l’indépendance du contrôle, la représentativité des professionnels et la tutelle de l’État.
Les SIQO en chiffres
La France est le premier pays européen pour le nombre de produits sous SIQO. Le système couvre plus de 1 100 produits, implique plus de 700 ODG et concerne plusieurs dizaines de milliers d’opérateurs. Le chiffre d’affaires de l’ensemble des produits sous SIQO (vins inclus) dépasse les 30 milliards d’euros.
Pourquoi les SIQO comptent pour les ODG
Pour un ODG, comprendre le cadre global des SIQO est indispensable. Chaque signe a ses spécificités réglementaires, ses procédures de contrôle, ses obligations déclaratives. Un ODG qui gère à la fois un Label Rouge et une IGP (c’est fréquent pour les volailles) doit maîtriser les exigences propres à chaque signe et coordonner deux cahiers des charges distincts.
La numérisation de la gestion devient alors un levier majeur pour absorber cette complexité sans multiplier les risques d’erreur.
Sources : article L.640-2 du Code rural et de la pêche maritime ; INAO ; règlement (UE) n°2024/1143.