25 janvier 2026 · Équipe Oligae

Le Beaufort, prince des gruyères

Le Beaufort est un fromage à pâte pressée cuite, produit dans les vallées de Tarentaise, du Beaufortain et de Maurienne en Savoie. Reconnaissable à son talon concave caractéristique, il est souvent qualifié de “prince des gruyères” pour la finesse de son goût. La production annuelle est d’environ 5 200 tonnes, ce qui en fait une appellation de taille moyenne mais à très forte valeur ajoutée.

La filière rassemble environ 335 producteurs de lait, regroupés pour la plupart au sein de coopératives laitières. On compte une trentaine d’ateliers de fabrication, dont sept coopératives qui représentent la grande majorité de la production, et quelques producteurs fermiers. L’appellation est gérée par l’Union des Producteurs de Beaufort, qui remplit le rôle d’ODG.

Le Beaufort se décline en trois catégories : le Beaufort (fabriqué de novembre à mai, en laiterie), le Beaufort d’été (fabriqué de juin à octobre, avec du lait de pâturage d’altitude) et le Beaufort chalet d’alpage (fabriqué en alpage, deux fois par jour, à partir du lait d’un seul troupeau).

Un cahier des charges lié à la haute montagne

Les races et l’alimentation

Seules deux races sont autorisées : la Tarine et l’Abondance. L’alimentation repose sur les fourrages de la zone d’appellation. L’ensilage et l’enrubannage sont strictement interdits. En été, les troupeaux montent en alpage, où ils se nourrissent exclusivement d’herbe de montagne. La qualité aromatique du Beaufort est directement liée à cette alimentation florale d’altitude.

La fabrication

Le lait doit être transformé dans les 24 heures suivant la traite. La fabrication respecte un procédé traditionnel : emprésurage, chauffage à 53-55°C, moulage dans des cercles en bois de hêtre qui donnent au fromage sa forme concave. Chaque meule pèse entre 20 et 70 kg.

L’affinage

L’affinage dure au minimum 5 mois. Il se déroule en cave à une température de 10 à 12°C et une hygrométrie élevée. Les meules sont frottées et retournées deux à trois fois par semaine. La croûte est régulièrement lavée avec une morge (mélange de sel et de bactéries). Le Beaufort d’été et le Beaufort chalet d’alpage ne peuvent être commercialisés qu’après 5 mois d’affinage minimum, avec la mention de l’année de production.

Les défis de gestion pour l’ODG

La triple catégorisation

La coexistence de trois catégories de Beaufort (hiver, été, chalet d’alpage) complique la gestion. Chaque catégorie a ses propres conditions de production et ses propres fenêtres temporelles. L’ODG doit vérifier que le lait utilisé pour un Beaufort d’été provient bien de la période estivale, que le Beaufort chalet d’alpage est bien fabriqué à partir du lait d’un seul troupeau en alpage. La traçabilité doit permettre de distinguer ces trois origines jusqu’à la vente.

La gestion des alpages

En été, la production se déplace en altitude. Les chalets d’alpage, souvent isolés et difficiles d’accès, deviennent des lieux de fabrication à part entière. L’ODG doit recenser ces chalets, vérifier qu’ils sont équipés selon les normes, suivre les dates de montée et de descente d’alpage, et s’assurer que les fabrications en altitude respectent le cahier des charges. C’est un suivi saisonnier qui mobilise des ressources concentrées sur quelques mois.

La coordination avec les coopératives

La filière Beaufort est largement organisée en coopératives. Les producteurs livrent leur lait à leur coopérative, qui assure la fabrication et souvent l’affinage. Les obligations déclaratives se répartissent entre le producteur (troupeau, alimentation, surfaces) et la coopérative (fabrication, affinage, ventes). L’ODG doit coordonner ces deux niveaux et consolider les données pour avoir une vision complète de la filière.

Le contrôle de la qualité

Le Beaufort fait l’objet d’examens organoleptiques réguliers. Des commissions de dégustation évaluent les fromages et peuvent refuser l’appellation à ceux qui ne présentent pas les qualités requises. L’organisation de ces commissions (convocation des jurés, préparation des échantillons, enregistrement des résultats, notification aux opérateurs) est une tâche logistique à part entière.

Le numérique au service du Beaufort

Distinguer les trois catégories

Un système numérique permet d’associer chaque lot de fabrication à sa catégorie (Beaufort, été, chalet d’alpage) dès la saisie, en vérifiant automatiquement la cohérence : le lait provient-il de la bonne période ? Le lieu de fabrication est-il un chalet d’alpage reconnu ? Ces vérifications, fastidieuses à réaliser manuellement sur des formulaires papier, deviennent instantanées.

Cartographier les alpages et les chalets

Un module cartographique permet de visualiser les alpages déclarés, les chalets de fabrication et les mouvements de troupeaux. L’ODG peut vérifier en un coup d’oeil que les lieux de production déclarés se situent bien dans la zone d’appellation et à l’altitude requise. Découvrez ces fonctionnalités de cartographie sur la plateforme Oligae.

Organiser les commissions de dégustation

La gestion numérique des commissions de dégustation permet de planifier les sessions, de convoquer les jurés, d’enregistrer les notes et de communiquer les résultats aux opérateurs. L’historique des évaluations est conservé, ce qui permet de suivre l’évolution de la qualité dans le temps et d’identifier les lots ou les producteurs qui nécessitent un accompagnement.

Faciliter la vie des coopératives

Les coopératives, interlocutrices directes des producteurs, peuvent servir de relais pour la saisie des déclarations. Un outil numérique permet à la coopérative de collecter les données de ses adhérents, de les vérifier avant transmission à l’ODG et de consulter les résultats des contrôles. Cette mutualisation du travail administratif profite à l’ensemble de la filière.

Le Beaufort, modèle de l’appellation de montagne

Avec sa production saisonnière, ses alpages isolés et sa triple catégorisation, le Beaufort illustre les contraintes spécifiques des appellations de montagne. Son ODG doit conjuguer rigueur réglementaire et adaptation aux réalités du terrain. Le numérique n’y remplace pas l’humain, mais il lui permet de se concentrer sur ce qui compte : la qualité du fromage et l’accompagnement des producteurs. Consultez notre FAQ pour comprendre comment un ODG fromager peut amorcer cette transition.

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